A chaque instant, la vie des personnages se divise en plusieurs branches : l’une continue sa trajectoire “normale”, l’autre meurt, ou bifurque. On se multiplie à chaque instant, donc. Et les personnages, que l’on a pas été, ou que l’on ne sera pas, nous regardent (oui parce que eux ILS VOIENT - là où notre trajectoire “normale” n’est que destinée aveugle).
Dans une pièce, ils s’encombrent.S’encombrer de soi-même, en quelque sorte.
Comme si plein de possibilités, trop, entassées, rendaient les pièces de notre appartement impraticables. Les “autres images de [nous mêmes] qui n’avai[en]t d’yeux que pour pleurer et de bouche que pour le blasphème” rient parfois sur le pont des arts (pas le pont neuf, non pas celui-ci), mais s’entassent derrière nous sur les bancs des facultés, nous écrasent dans le métro, nous donnent les regrets des choses de l’enfance presque effacées.
Rooo, mais après tout un spectre est vite noyé.